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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Climate Leaks (2) : make our finance great again…
par Marc Laimé, 13 novembre 2017

Comment comprendre quelque chose au grand théâtre d’ombres qui se jouera à Paris, sous la présidence d’Emmanuel Macron le 12 décembre prochain ? D’abord savoir comment la « finance verte » a peu à peu gangrené les institutions internationales…

La COP 21, vous y croyez encore ? C’est fou comme certaines études ont le don de confirmer brutalement ce que chacun sait déjà sans oser se l’avouer.

Selon un rapport publié aujourd’hui par le Global Carbon Project, les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse en 2017, après trois années de quasi-stabilité.

Conséquence : si l’on continue sur cette pente, il sera illusoire de respecter l’accord de Paris sur le climat, qui visait à contenir le réchauffement en-deçà des 2 degrés.

Compte tenu de sa croissance, la Chine est la première responsable de cette dérive. Les Etats-Unis vont aggraver les choses depuis que les thèses climato-sceptiques sont portées par Donald Trump lui-même...

Et pendant ce temps là, la convention des Nations unies pour la lutte contre la désertification vient de lancer un appel à candidature pour devenir membre du « Science-Policy Interface » :

« Dear Madam/Sir, 

Following the outcomes of the 13th session of the Conference of the Parties (Decision 19/COP.13), the United Nations Convention to Combat Desertification (UNCCD) invites experts to apply to become members/observers of the Science-Policy Interface (SPI) which was established in 2013 to promote dialog between scientists and policy-makers on desertification, land degradation and drought. The public call for candidature opened on 7 November 2017 and will end on 4 December 2017 at 24:00 CET. The call for members is open to scientists from all regions and organizations and all relevant disciplines and thematic areas. 
The call for observers is open to international organizations and United Nations organizations qualified in matters relevant to the UNCCD.

For more information, please visit our website at :

http://www2.unccd.int/news-events/c...

We would appreciate if you could kindly disseminate this announcement among relevant experts and scientific networks in your region/country. »

Cet appel à candidatures de scientifiques est très symptomatique.

Cette convention UNCCD est la 3ème convention de Rio après celle du Climat et celle de la Biodiversité. Parent pauvre du processus de Rio et "Convention des Africains" qui l’avaient négocié en 1992 contre leurs signatures pour les deux autres conventions, elle a tout de même consommé plus de 500 millions de USD (avant 2015) depuis son avènement pratique à Genève, puis à Bonn en 1999, alors qu’elle a été reconnue comme "totalement inefficace" et "mal gérée" bien que, depuis peu, porteuse d’une élaboration théorique renouvelée (Land Degradation Neutrality) qui emprunte aux thèses de l’économie de l’environnement market-oriented et green finance-compatible (thèse de Taliano Diletta, 2016), dont les vues des sciences sociales sont... totalement absentes.

Il y a dans cette convention trois instances "scientifiques" quasiment cloisonnées et, en dehors de cette triade, de multiples "committees, working groups, advisory boards..." étroitement cooptés, plus ou moins informels ou discrets, selon la sensibilité politique des questions abordées (liens avec la finance verte, les sponsors fondations privées, les multinationales et les "investisseurs d’impact", les états influents dans le domaine ou les grands décideurs politiques mondiaux...), ces dernières entités étant entre les mains exclusives de la seule Secrétaire Exécutive sans aucun système de contrôle de la gouvernance de cette convention (sans même parler du contrôle de l’usage des fonds alloués) ce qui ne laisse pas d’étonner :

- Le CST, Comité pour la Science et la Technologie, instance formelle et décisoire, qui animait depuis huit ans, les conférences scientifiques biennales de la CCD, (1 million de USD par conférence) entre les meetings formels (COP, CST plenary, CRIC) et vaste usine à perdiem pour les correspondants nationaux.

- Le SPI, Science Policy Interface, lancé il y a 5-6 ans, entité reconnue mais sans pouvoir de décision contrairement au CST, en toute petite partie issu du CST lui-même, totalement paralysé par son fonctionnement bureaucratique (Les décisions du CST sont juridiquement opposables puisque c’est un traité mais tout le monde s’en fout et c’est peut-être mieux comme çà), où l’on retrouve au SPI une bonne vingtaine de chercheurs essentiellement issus des sciences de la vie et aucun issu des sciences sociales, d’où les tropismes land use et remote sensing dominants,

- Le GLO, Global Land Outlook, working group sensé produire le Livre de référence, état des lieux mondial du land use & land cover qui va gouverner les futures land policies. https://global-land-outlook.squares... (bokk in the weblink) piloté par un ancien vice-Président de la Banque Mondiale et membre du Club de Rome.

Les rares personnes-passerelle entre les deux dernières entités sont plutôt des anglo-saxons, conseillers scientifiques de la Banque Mondiale et du GEF, présentes par ailleurs dans de multiples think tanks techno-scientifiques (WRI, Biochar,...) de la gouvernance mondiale de l’environnement.

Ces différentes instances et leur fonctionnement incarnent le processus de prise de contrôle par la finance "verte" des outils mis en place par Rio en particulier pour le climat au travers des dimensions autres que l’énergie comme le rôle des terres (carbone des sols) dans l’atténuation du changement climatique, ce dont s’occupent par ailleurs les trois conventions (celle sur la Désertification, celle du Climat et aussi celle de la Biodiversité) en vue de cogérer et d’émarger aux fonds dédiés (Green Climate Fund, LDN Fund...) considérés comme des fonds catalytiques pour les climate business angels et autres impact investors.

Il faut décidément ausculter, encore et encore, ces Climate Leaks pour comprendre quelque chose au théâtre d’ombres qui se jouera à Paris le 12 septembre prochain.

Lire aussi :

- Le cri d’alarme de 15 000 scientifiques sur l’état de la planète

http://www.lemonde.fr/planete/artic...

Le Monde, 13 novembre 2017.

ou les calembredaines de l’Insetting, pour commencer à comprendre dans quel monde on vit :

http://www.datapressepremium.com/rm...

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