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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Avenir du SEDIF : le débat fait rage
par Marc Laimé, 3 décembre 2008

Les medias relaient désormais largement les luttes engagées autour de l’avenir du Syndicat des eaux d’Ile-de-France. Témoignage s’il en était besoin de l’importance de l’enjeu comme du déficit démocratique en la matière, puisque le SEDIF mérite plus que jamais, au vu des pratiques de son président, son surnom de « Petite Corée du Nord ». Dernière illustration en date, la multiplication des « Droits de réponse » que M. André Santini dégaine à tout va, comme celui que vient de publier le 2 décembre 2008 l’Humanité, ce qui a d’ailleurs passablement troublé nombre de ses lecteurs...

C’est manifestement la Tribune de Jacques Perreux, Vice-président (PC) du Conseil général du Val-de-Marne, titrée « Monsieur Santini doit respecter le temps nécessaire à la démocratie », publiée dans l’Humanité du 28 octobre 2008, qui a mis le feu aux poudres.

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La tribune de Jacques Perreux dans l’Humanité du 28 octobre 2008

Il y fustigeait il est vrai allégrement les pratiques autocratiques du président du SEDIF, qui en a manifestement pris ombrage, comme en témoignera son insistance à évoquer quelques jours plus tard l’avenir du Syndicat lors d’une réunion du Comité de bassin Seine-Normandie, qu’il préside par ailleurs...

La suite est plus singulière. M. Santini signe en page d’accueil du site du SEDIF dès la mi-novembre un « Droit de réponse » à la Tribune de Jacques Perreux, droit de réponse des plus singulier puisqu’il n’est pas publié par l’Humanité, comme son intitulé le laisserait accroire, mais « auto-produit » par M. André Santini et le SEDIF...

Mais après que l’Humanité ait publié dans son édition du samedi 29 novembre un dossier au titre sans équivoque, barrant toute sa « Une », titré « L’eau notre bien commun. Vague de remunicipalisations », notre fameux « Droit de réponse » putatif de M. Santini se retrouve dans la page « Tribune » de l’Humanité du 2 décembre 2008, quelque peu abrégé, et titré cette fois « Un processus démocratique »...

Dans sa veine habituelle, M. Santini balaie d’un revers de main l’argumentaire de M. Perreux, non sans assortir sa philippique des incises condesçendantes qui sont sa marque de fabrique :

« Dans un article de l’Humanité du 28 octobre, M. Jacques Perreux réclame « le temps nécessaire à la démocratie » pour se prononcer sur le choix du futur mode de gestion du service public de l’eau potable en région parisienne. Mon collègue, qui ne siège pas au Syndicat des eaux d’Île-de-France (SEDIF), semble mal informé par ses amis.

Mes collègues du bureau et moi-même, qui n’avons pas de leçons de démocratie à recevoir, n’avons pas attendu leurs conseils pour mettre en oeuvre le processus, qui doit conduire le SEDlF à choisir le mode de gestion du service public de l’eau applicable au 1er janvier 2011 (...)

Anticipant sur un nouvel « effet retard » de l’Huma, avec l’accord de l’intéressé, nous publions ci-après in extenso la réplique de M. Perreux...

Tempête dans un verre d’eau ? Non. Ce qui se joue dans ces échanges « codés », c’est aussi la possible fin d’une équivoque historique, dont l’ombre portée hante les débats actuels.

Dans les années 20 ce sont les maires de la « banlieue rouge », ulcérés d’être abandonnés par Paris, qui rejetait à ses marges des populations privées de toutes infrastructures, qui avaient fait appel à la Générale des eaux lors de la constitution du SEDIF, ouvrant, sans le savoir, les mâchoires du piège qui les tient enserrés depuis 85 ans.

A ce titre ces échanges entre M. Perreux et M. Santini illustrent bien la fin d’une époque, et l’orée d’un possible nouveau monde.

L’EAU MERITE MIEUX QUE DES ANATHEMES !

« Le journal l’Humanité du 2 décembre publie une tribune de Monsieur Santini. Celui-ci, est comme chacun sait, Secrétaire d’Etat, très impliqué dans la Réduction Générale des Politiques Publiques. Il est un adepte de la délégation de la gestion de l’eau aux multinationales et il a privatisé la gestion des ressources humaines dans la ville dont il est maire.

Sa tribune se veut être une réponse aux arguments que j’ai développés dans l’humanité du 28 octobre.

En tous les cas, il ne répond pas aux questions, qu’avec beaucoup d’autres - de gauche mais aussi de droite - je soulève : l’eau notre bien commun doit-elle être marchandisée ? Les bénéfices engrangés sont-ils oui ou non exorbitants ? La concurrence dans ce domaine n’est-elle pas cadenassée et totalement faussée ?

Enfin il ne nous explique toujours pas comment il se fait qu’il ait envoyé un courrier aux Maires d’Ile de France sur papier à entête de Veolia. Imaginons le scandale si son collègue Ministre de la défense Hervé Morin s’était adressé aux Généraux sur papier à entête des avions Marcel Dassault !

Monsieur Santini nous reproche de vouloir que les habitants d’Ile-de-France et leurs élus aient le temps de s’approprier les enjeux liés à la fin du contrat de Veolia.

C’est pourtant une question civique. En effet l’eau est une grande cause. Elle est en danger et nécessite de l’attention, de la prévention de la part des citoyens et des collectivités. Elle nécessite aussi la convergence d’importants moyens financiers pour réparer les dégâts et permettre à la ressource naturelle de retrouver sa bonne qualité écologique et chimique.

Dans le cadre de cette mobilisation générale, faut-il servir des dividendes aussi mirifiques aux actionnaires de l’eau ou baisser la facture des usagers. C’est une réflexion qu’on entend souvent dans les nombreux débats organisés ces temps-ci. Il n’y a tout de même pas lieu de s’en effaroucher !

Le Président du SEDIF nous dit avoir engagé un processus « parfaitement démocratique » depuis 2006. Retenons sa façon de voir… Mais depuis 2006, des élections municipales ont eu lieu, de nouveaux élus sont arrivés, parfois avec un mandat de retour à une régie publique. Ils ont besoin de temps pour se faire une opinion et prendre leurs décisions avec leurs collègues au conseil municipal.

Par ailleurs, il n’est nul besoin d’être militant contre le capitalisme pour savoir que l’entreprise délégataire Veolia a défrayé la chronique a plusieurs reprises pour ses dérives financières. N’est-il pas prudent en cette période de crise, d’abandonner certains dogmes et de revenir à une ré-appropriation publique – donc politique de l’eau ?

Le dernier film de James Bond n’est malheureusement pas que de la fiction. On y voit un dictateur d’un pays d’Amérique Latine, corrompu par une multinationale française, faire la guerre de l’eau aux paysans. Un documentaire explosif, diffusé par Arte, vient de révéler que ces mœurs sont monnaie courante aux quatre coins du monde. Ce doit être aussi pour cela qu’un peu partout sur la planète, mais aussi à Paris et en région parisienne des voix s’élèvent pour une gestion publique et citoyenne de l’eau.

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) affirme dans un épais rapport, dit « GEO 4 », que la privatisation généralisée des ressources et des services serait le plus mauvais scénario du point de vue du développement durable.

Hier : événement ! La Commission consultative des services publics locaux du SEDIF se réunissait, elle a majoritairement rejetée « la nouvelle régie intéressée rénovée » proposée par Monsieur Santini.

En fait ceux que celui-ci désigne comme « alter-mondialistes » ne sont pas isolés, ils ne « pleurnichent » pas. Ils savent comme le disait le philosophe Sénèque « que ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on ne les ose pas, mais parce qu’on ne les ose pas qu’elles sont difficiles. Alors ils osent !

Jacques Perreux. »

DIALOGUES COMMUNISTES

Et nous n’en avons pas terminé avec la controverse qui revêt désormais les tours les plus inattendus. Dans l’édition du 2 décembre 2008 de Cidefil, le bulletin d’information quotidien du Centre de formation des élus PC, M. Gilles Poux, maire (PC) de La Courneuve, et Vice-Président du SEDIF depuis le 15 mai dernier, poursuit l’échange engagé avec Jacques Perreux, et que nous avons relaté il y a peu.

Cette fois M. Poux semble avoir pris la mesure de l’enjeu. Nous ne saurions trop nous féliciter des avancées dont témoigne son intervention, et l’ajoutons donc au florilège de prises de position qui contribuent à éclairer un débat essentiel.

SES LECTEURS INTERPELLENT L’HUMA

Preuve s’il en était besoin que ce débat est essentiel, plusieurs lecteurs ont interpellé l’Humanité...

« Monsieur Ducoin,

Lecteur (encore) occasionnellement régulier de "l’Huma" je proteste vigoureusement contre le traitement journalistique et politique que vous faites de "la bataille actuelle du Sedif".

Quelques jours après la publication de la tribune de M. Poux, vous publiez (doit-on penser que c’est pour appuyer la précédente ?) une nouvelle tribune de M. Santini défendant à son tour, sans honte, le caractère démocratique et transparent de la procédure devant aboutir au futur choix du mode de gestion de la distribution de l’eau.

Je ne rentrerais pas là dans le détail du contenu des tribunes de Messieurs Poux et Santini.
Ce qu’il apparait, c’est que l’Huma laisse place soit aux défenseurs de la gestion privée (DSP) représenté par Santini-Veolia, et qui se sucre de 90 millions d’euros par an sur le dos des usagers (UFC Que Choisir), soit aux défenseurs du P.P.P (partenariat public privé), qui chacun le sait laisse au privé les services les plus rentables et au public les plus coûteux, tel que le propose M. Poux.

Je trouve la position du PCF et du journal communiste qu’est "l’Huma" surprenantes et, pour le moins, trés en dessous des exigences sociales, démocratiques, écologiques qu’appellent la période actuelle et qui devrait amener le Sedif à opter pour une régie 100% publique.

Cordialement.

Pierre Vila (Montreuil). »

« L’Humanité de ce jour publie une tribune sur la gestion de l’eau en Ile de France, signée du Président du Sedif en réponse à Jacques Perreux.

L’article de jacques Perreux a été publié voici plus d’un mois. il est largement oublié des lecteurs.

Il est donc indispensable de re-publier Le texte de Jacques Perreux dans l’Huma ! Dès demain !

De plus, j’attire l’attention sur le texte du Président Santini affirmant le caractère transparent et démocratique de la décision qui sera prise le 11 concernant la gestion de l’eau.

Cette affirmation est fausse en ceci :

- 1. Ce ne sont pas les habitants d’Ile de France qui, en qualité d’usagers , mandateront un représentant élu sur la seule base vraiment démocratique : 1 citoyen = 1 voix.

- 2. Le vote se faisant sur la base : 1 commune = 1 voix, les très nombreuses petites communes opulentes d’Ile-de-France l’emportent toujours et décident pour les quelques grandes communes banlieusardes en difficulté : 5000 usagers à l’aise dans une commune verte valent 90 000 usagers empilés dans des tours. Que deviennent donc la liberté, l’égalité la fraternité et la démocratie ?

- 3. Il y a les plus grandes chances pour que les usagers de l’eau qui sont aussi électeurs ne sachent jamais quel sera le vote de leur élu, si, comme c’est très probable, le vote restera secret. Que devient alors la transparence pour les citoyens ?

Il revient à ce journal de rétablir lui-même ces vérités qui pèsent sur les banlieues depuis 85 ans. Dès demain ! »

Jean-Pierre Hauguel, Bagnolet.

SEDIF : le dossier d’Eaux Glacées

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commentaires

1 Avenir du SEDIF : le débat fait rage

Le chateau Santini-Véolia attaquée par l’armée Suez puis l’armée Saur. Hardi, les conbattants !

Quelques autres pourrait vous aider : les anglais AWG, United Utilities et Biwater, les espagnols FCC, Valoriza, Urbaser et Inima, les allemands RWE, Remondis, Wabag et Gelsenwasser, le saoudien Amiwater, l’australien Macquarie, le malaisien Salcon, le singaporien AWT, l’israelien Mekorot, les italiens ACEA et Edison, les grecques EYDAP et EYATH.

Euh... je crains que certains soient publics. Hardi, les "petits" publics !

poste par Rions un peu de M. S ! - 2008-12-8@17:51 - Répondre à ce message
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