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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
André Flajolet, commissaire politique du 6ème Forum mondial de l’eau de Marseille
par Marc Laimé, 4 septembre 2011

M. André Flajolet, considérable figure du monde de l’eau en France, a été nommé le 21 juillet dernier, à la surprise générale, « commissaire » du 6ème Forum mondial de l’eau qui se tiendra à Marseille du 12 au 17 mars 2012. Ses premières déclarations, reproduites ci-après, passé la sidération qu’elles provoquent, révèlent que, reproduisant la stratégie de la « triangulation » qui avait permis à M. Sarkozy d’être élu président de la République en 2007, les spin-doctors de l’Elysée, de l’AFD, de Veolia, et autres riantes contrées, s’inspirent cette fois de la bataille de Stalingrad pour gagner la guerre (marchande) de l’eau sur le Vieux-Port. Et tendent ainsi un piège redoutable aux forces de gauche, humanistes, alters et toutes ces sortes de choses, qui se perdent en conjectures sur la stratégie adverse et les moyens de la contourner… Révélations sur notre « commissaire politique national ».

Il appert en effet, comme nous l’avons souligné il y a peu, que tandis que Veolia s’inspire de Naomi Klein et de Schumpeter, et que Suez a relu Gramsci et Orwell, le comité central de la fraction sarkozyste voyait se rapprocher ce 6ème Forum mondial avec une inquiétude croissante, tant l’anomie a gagné les instances qui préparent ce dernier grand événement de la sarkozie avant la présidentielle : Veolia et Suez c’est Medellin contre Cali tous les quatre matins, du coup la FPEE a explosé en plein vol et a été refourgué à Saur qui n’en demandait pas tant… Marseille on ne vous fait pas un dessin, va falloir agrandir les Baumettes d’urgence. Les 38 millions d’euros braqués dans les caisses publiques pour financer le Forum ne sont toujours pas là, en dépit des vives remontrances du directeur de cabinet du Président de la République, qui court toujours après le million d’euros de la FPEE. Les élus, collectivités locales et ONG renâclent à s’engager pour la dernière grande messe élyséenne, des fois que la gauche passe trois mois plus tard… Quant au catalogue du "Forum des solutions", début septembre l’AFD recrutait d’urgence un stagiaire en CDD pour faire du copié-collé de Powerpoint à la chaîne… Et on vous passe provisoirement le plus grave.

Genre la planification de nos grandes ambitions pour l’eau en Méditerranée...

Comme les déboires récurrents de nos "global leaders" au Sud, à l’image de Suez au Maroc...

Bref, c’est ce contexte qui nous a engagé à une lecture con-textuelle (dans le cadre d’un partenariat (win-win), avec l’Ecole de guerre et AgroParisTech), des ahurissantes déclarations du commissaire Flajolet. Et au terme d’un séminaire approfondi la seule explication de ces délires ne peut être trouvée que dans l’élaboration d’une stratégie de triangulation qui s’inspire en droite ligne de la Bataille de Stalingrad.

Ce qui reconnaissons-le est parfaitement logique après Guy Moquet et le plateau des Glières !

D’autant plus qu’à ce stade nous ne pouvons pas catégoriquement exclure que notre commissaire Flajolet ait même pu approcher dans sa jeunesse le glorieux maréchal Gueorgui Konstantinovitch Joukov puisque celui-ci, né en 1896 est mort en 1974…

Quoiqu’il en soit c’est bien à cette aune qu’il faut lire et analyser les déclarations épouvantables de notre commissaire politique, qui s’inspirent donc en droite ligne des pratiques de ses glorieux ancêtres qui traquaient le déviationnisme hitléro-trotkystes dans tous les bataillons de l’Armée rouge !

A coup sur doté d’un Nagant (1), notre vaillant commissaire politique s’apprête bel et bien à mener sa bataille de Stalingrad, et donc à flinguer indistinctement les vipères lubriques qui ne communieraient pas dans l’adoration frénétique, et de l’Elysée et de Veolia !

Car l’incertitude est telle désormais que petits et grands accommodements et très coutumières bassesses n’y suffiront pas.

Ergo, ne reste que la terreur...

Nagant M 1895

Et nous espérons dès lors que nanti de cet éclairage, nous vous aurons facilité la lecture des deux premiers communiqués (sidérants) de notre commissaire politique national, dont la filiation ne doit rien au demeurant ni à la Norvège, ni à la Corée….

Communiqué n’° 1 du Commissaire politique Flajolet

« Pour préparer un forum mondial, André Flajolet retrouve les hautes eaux »

(Jeudi 28.07.2011- La Voix du Nord)

Le commissaire devra-t-il écourter son mandat de député ? « C’est en discussion. » Perte de la communauté Artois-Lys puis de la présidence départementale de l’UMP, contre-performance aux régionales, écarté de la liste sénatoriale : la barque d’André Flajolet tanguait. La vapeur se renverse pour le député de Béthune, que le conseil des ministres vient de nommer commissaire en charge du Forum mondial de l’eau. Mercredi dernier, la nouvelle était rendue publique par Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie et du Développement durable (notre édition du 21 juillet).

- Qu’est-ce que le Forum mondial de l’eau ?

Le Forum mondial de l’eau de Marseille, après celui d’Istanbul il y a deux ans, est la rencontre pendant cinq jours de tous les décideurs politiques, scientifiques économiques et associatifs du monde l’eau. Nous attendons plus de 20 000 personnes issues de 150 pays. Le but est de faire partager l’état nouveau des connaissances et faire progresser les principes du droit d’accès à l’eau et à l’assainissement, droit non reconnu de fait dans de nombreux cas et de nombreux pays.

- Que signifie le titre de commissaire ?

Le Président de la République m’a invité à le rencontrer le 25 juin. L’entretien porta essentiellement sur le forum de Marseille. Il m’a demandé d’accepter la coordination de l’évènement, lancer les processus internationaux et les discussions relatives à l’eau dans l’ensemble de ses composantes et de proposer de nouvelles pistes d’action face aux défis de l’eau qui devient vraiment un bien fragile. J’ai accepté suite à une autre rencontre à l’Elysée en présence de Christian Frémont, ancien préfet du Pas-de-Calais et Jean David Levitte, conseiller spécial du Président pour les affaires internationales, rencontre qui a permis de préciser le sens et le périmètre de la mission.

- Qu’est-ce que cela implique pour votre vie d’élu ?

D’abord, c’est une mission à temps plein qui implique de nombreux déplacements. Ensuite, il s’agit de coordonner au niveau français l’ensemble des politiques prospectives de l’eau. Je dispose de bureaux et de collaborateurs au ministère de l’Environnement. Il s’agit là d’approfondir mes engagements antérieurs soit au sein de Comité national de l’eau ou dans les autres organismes comme Ecophyto 2018, le Comité sécheresse ou la coprésidence de la commission des travaux contre les inondations.

Enfin, il s’agit d’organiser au niveau international les schémas de mutualisation tant puisqu’aujourd’hui l’absence d’eau potable et d’assainissement fait cinq fois plus de morts que les guerres et combats.

Pour réussir ce pari du forum, je suis en train d’établir toute une série de contacts avec les représentations politiques à travers le monde et avec les ONG qui jouent un rôle essentiel. Je souhaite ainsi que le Forum Mondial de Marseille que nous intitulons le forum des solutions soit l’occasion de faire le point sur toutes les problématiques de recherche fondamentale et appliquées car le monde économique y a toute sa place.

- Une telle initiative devrait faire l’unanimité par ses enjeux humanitaires ?

C’est loin d’être le cas, y compris en France. Au niveau mondial, la guerre de l’eau est une réalité en particulier pour les fleuves internationaux et certains pays sont très dépendants de leurs voisins.

Par ailleurs, les conflits d’usage sont multiples. Il suffit de voir la situation sur le pourtour du bassin méditerranéen ou en Amérique du Sud. Ces conflits touchent aussi de façon dramatique les productions agricoles qui doivent assurer la suffisance alimentaire mais connaissent un stress hydrique de plus en plus grave. De plus, des associations militantes préfèrent organiser un contre forum en général plus médiatique même si elles sont associées au forum et participent à sa préparation.

La France n’échappe pas à ces petites guerres des mots et des slogans : critiques des entreprises de l’eau, réclamation du droit gratuit à l’eau pour tous, demande d’un grand service national, contestation des Agences.... Il m’appartient, au-delà des slogans de proposer des solutions innovantes concrètes et crédibles.

Enfin, il ne faut pas oublier que nous serons en pleine campagne et que ce sera le dernier grand évènement de dimension mondiale où le président Sarkozy délivrera le message de la France sur un thème qui lui tient particulièrement à coeur.

- Il se dit que vous avez plutôt été mis à l’écart lors des sénatoriales.

Je n’ai pas souhaité être candidat. C’est un choix de raison qui n’enlève pas le soutien que je porte à la liste voulue par mon ami Gérard Larcher, liste largement renouvelée contrairement à celle du Parti socialiste.

J’ai toujours dit que je ne serai pas en position 3 et la présence de Jean François Rapin à ce poste reçoit un soutien conjoint du président de la fédération et de moi-même.

Avec la fin du Forum, s’ouvre la campagne des présidentielles, puis celle des législatives. La feuille de route est largement remplie ! »

Communiqué n’° 2 du Commissaire politique Flajolet

Forum mondial de l’eau : « L’accès à l’eau et à l’assainissement ne doit pas rester un slogan » (André Flajolet)

L’objectif du Forum mondial de l’eau est de « réfléchir à la question de l’accès à l’eau et à l’assainissement » qui « ne doit pas rester un slogan, mais prendre une forme concrète ».

C’est ce que déclare à AEDD André Flajolet, mercredi 31 août 2011. Le député UMP du Pas-de-Calais, président du Comité national de l’eau, a été nommé « commissaire au Forum mondial de l’eau » en conseil des ministres, le 20 juillet dernier (L’AEDD n°11094).

Cet événement aura lieu à Marseille (Bouches-du-Rhône), du 12 au 17 mars 2012. Il est organisé conjointement par le Conseil mondial de l’eau, la France et la ville de Marseille. André Flajolet répond aux questions d’AEDD.

- AEDD : En quoi consiste votre rôle de commissaire au Forum mondial de l’eau ?

- André Flajolet : Mon rôle sera de coordonner le processus ministériel et parlementaire et de préparer la déclaration des autorités politiques. Cette déclaration sera proposée par la France au début du forum, mais négociée au niveau international lors de deux réunions préparatoires qui auront lieu en décembre et janvier. Je souhaite que cette déclaration soit complétée par une contribution de tous les autres acteurs du forum, qui serait publiée en fin de forum.

Je veux aussi réussir la mobilisation mondiale. L’événement ne doit pas rester franco-français. L’Europe doit être associée, de même que l’ONU et les grandes ONG.

- AEDD : Pour l’instant, de nombreuses ONG estiment que le Forum de l’eau est le Forum des multinationales (comme Veolia et Suez Environnement). Que leur répondez-vous ?

- André Flajolet : Nous espérons que les principales ONG aient à coeur de venir délivrer leur message au forum. Elles ont une légitimité totale que je veux développer. L’enjeu est trop important pour se permettre certaines pratiques de combats médiocres. Pour l’instant, c’est vrai, elles sont plutôt en opposition. Mais le forum sera le forum des solutions, il ne sera pas celui des multinationales.

- AEDD : Sur quels dossiers spécifiques va porter le forum ?

- André Flajolet : Les pouvoirs politiques, économiques et associatifs vont réfléchir à la question de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Cela ne doit pas rester un slogan, mais prendre une forme concrète. Car derrière le slogan, on constate de nombreuses lectures selon les États. En France, derrière l’accès à l’eau, on pense à l’accès à l’eau potable. Pour les anglo-saxons, c’est avoir, de temps en temps, un accès à l’eau sans déjections animales. Notre définition correspond à 2,5 milliards de personnes, l’autre 900 millions. S’agissant de l’assainissement, il s’agit pour nous d’avoir des toilettes, pour d’autres de ne pas déféquer dans la nature.

Le Forum de Marseille s’inscrit dans une valse à quatre temps, qui a commencé la semaine dernière à Stockholm avec la Semaine internationale de l’eau (L’AEDD n°11262) et qui se poursuivra à Bonn en novembre sur les thèmes de l’eau, de l’énergie et de la sécurité alimentaire (1). Marseille sera une troisième étape avant la conférence des Nations unies sur le développement durable, dite Rio+20, en juin 2012 (L’AEDD n°11262).

- AEDD : Comment voulez-vous situer le forum vis-à-vis de la déclaration des Nations unies sur le droit à l’eau (L’AEDD n°7818) ?

- André Flajolet : Cette déclaration est une grande avancée. Mais la notion de droit doit être définie, la méthodologie affichée, et ses moyens garantis. Il faut donner un sens précis au concept dans le cadre des Objectifs du millénaire, car aujourd’hui, chacun comprend ce qu’il veut.

- AEDD : Quel est l’enjeu du forum pour la France à l’échelle internationale ?

- André Flajolet : En mars, la France ne pourra pas se permettre d’être en échec, ni pour le président de la République qui a montré des engagements forts sur la scène internationale en termes d’équité et de justice, ni pour l’image que nous avons s’agissant de la coopération décentralisée, ni pour le monde scientifique et économique qui, en France, est leader dans la R&D et la solidarité.

- AEDD : Quels sont les concurrents de la France, dans le domaine de l’eau ?

- André Flajolet : Les pays qui veulent compter sont les Pays-Bas, la Suède, la Finlande. Singapour et la Corée du Sud sont également très présents. La Corée du Sud souhaite d’ailleurs organiser le prochain forum [en 2015]. L’eau est une bataille mondiale, elle représente un enjeu écologique, stratégique et économique. C’est une volonté évidente pour ces pays d’exister sur la scène internationale.

- AEDD : En France, vous avez fait adopter début juin une délibération en tant que président du Comité national de l’eau, dans laquelle il « constate que l’accès à l’eau et à l’assainissement n’est pas garanti pour les personnes sans domicile identifié, les gens du voyage et sans-abris », et il « souhaite que soit proposée une mesure législative prévoyant l’accès public, gratuit et non discriminatoire à l’eau potable, à travers la mise en place de points d’accès à l’eau potable répartis de façon équilibrée sur le territoire aggloméré de la commune ». Allez-vous essayer de faire évoluer la situation française avant le forum ?

- André Flajolet : En France, ce sont 100 000 personnes qui n’ont pas accès à l’assainissement et 150 000 qui n’ont pas accès à l’eau potable. Il faut faire quelque chose, et rendre effectif en termes de droit et de moyen l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous, y compris les nomades. Ce sont des incontournables de la législation française. Je déposerai un amendement en ce sens en tant que député à la rentrée. Son adoption ne devrait pas poser de problème majeur : tous les groupes politiques sont d’accord, et c’est peu important financièrement, de l’ordre de 50 à 80 millions d’euros par an.

Il est également nécessaire de rénover le réseau d’eau. Je vois cela comme un grand plan de sécurisation alimentaire. Car dès qu’il y a des fuites, les coliformes arrivent. Il faut plus que le Grenelle II [dont l’article 161 prévoit l’obligation d’un plan d’action pour les réseaux d’eau potable dont le taux de perte est supérieur à un taux fixé par décret]. Je propose que soit mobilisés entre trois et cinq milliards d’euros de la CDC qui seraient utilisés comme une avance de trésorerie pour les agences de l’eau. Cela permettrait de créer 20 000 emplois.

Ces deux mesures permettraient, lors du forum, de montrer que la France met en connexion sa déclaration politique et des actes environnementaux. Elles lui donneraient plus de force. »

(1) « Le Mosin-Nagant M 1895 est un revolver belge, utilisé d’abord dans l’armée tsariste, puis confié aux tueurs de la Tcheka, du GPU, du NKVD, dans l’ordre chronologique de leurs apparitions meurtrières. J’ai le désespoir de dire que sa conception permettait d’y placer aisément un silencieux, ce qui en fit une arme de choix pour abattre ceux qui ne se soumettaient pas dans les caves de la Loubianka ou de Lefortovo. » (Remerciements à notre camarade Fabrice Nicolino pour ces précisions utiles en la circonstance).

QUIZZ : qui était le commissaire politique en chef dans l’armée de Joukov à la bataille de Stalingrad, qui allait permettre à l’URSS de gagner la Grande guerre patriotique ?

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