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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Algues vertes : les agriculteurs du Finistère nient la réalité
par Marc Laimé, 15 février 2010

La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Finistère (FDSEA 29), diffuse massivement un extraordinaire document, dans lequel elle s’exonère de ses responsabilités dans le désastre des algues vertes, révoquant en doute l’origine massivement agricole du phénomène, et procède en outre à un chantage à l’emploi sur les élus des régions concernées.

A cette aune, l’ersatz de plan récemment rendu public par le gouvernement, dont l’insignifiance nous avait dissuadé de le commenter, témoigne, s’il en était besoin, du renoncement du politique face à un systême dévoyé qui, tel Chronos, dévore goulûment ses enfants…

Une lecture attentive de l’argumentaire de la FDSEA 29 convaincra aisément que le monde agricole n’avait rien à craindre des conclusions de la mission mise en place par le gouvernement Fillon.

A ce degré de déni de la réalité, on s’interroge sur les recours qui demeurent accessibles aux victimes d’une catastrophe environnementale majeure…

« La qualité des eaux en Bretagne est globalement bonne (…) De 1990 à 2006 les tonnages d’algues vertes collectées ont grosso modo été divisées par deux (…) De nombreuses questions sont encore sans réponse (…) Les nitrates présents dans l’eau ne trouvent pas uniquement leur origine dans l’activité agricole (…) Avant qu’elles n’échouent sur les écrans de télévision, il faudrait réaliser la collecte des algues vertes en mer ! (…) Aux élus politiques de se positionner pour ou contre une agriculture dynamique, moderne, et pourvoyeuse d’emplois sur leur territoire ! »

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L’argumentaire "algues vertes" diffusé par la FDSEA 29

Contre la logique d’accompagnement de l’agriculture intensive

Entre autres réactions, Laurence de Bouard et les candidats de « VraimenT A Gauche ! liste unitaire, anticapitaliste et pour une écologie radicale » qui se présentent aux élections régionales en Bretagne, s’élèvent contre le plan d’action récemment présenté par le gouvernement, et « contre la logique d’accompagnement de l’agriculture intensive », dans un communiqué publié à Carhaix le 15 février 2010 :

« Le 3 février, Bruno Le Maire et Chantal Jouanno ont présenté en Conseil des ministres un plan d’action sur les algues vertes. Ce plan se caractérise par deux axes dépendants l’un de l’autre.

« Premièrement, il ne s’agit pas dans ce plan de « supprimer » la pollution, mais de la gérer en traçant les fuites de nitrates et uniquement en les limitant. Pour ensuite produire de l’énergie par méthanisation. Avec cette logique, demain les plus gros pollueurs par fuites de nitrates auront probablement une prime pour avoir contribué à la production énergétique !

« Deuxièmement, après avoir, pendant 30 ans, laissé les lobbies de l’agriculture productiviste, de l’industrie agro-alimentaire et de l’industrie chimique des engrais et phytosanitaires, faire la loi, le gouvernement propose maintenant que ce soit un montage comité de pilotage / comité scientifique qui mette en œuvre le plan d’action sur les algues vertes.

« On connaît déjà ce genre de montage, associant experts, institutions et entreprises privées. Montage qui en général utilise l’argent public sans résultats probants.

« Citons pour exemple le Comité régional d’organisation des diagnostics des matériels de protection des cultures (CRODIP), association interprofessionnelle dont la mission est de contribuer à la reconquête de la qualité de l’eau.

« Ce CRODIP qui rassemble uniquement des syndicats de la FNSEA et des industriels agricoles a reçu en 2008, 240 000 € de subventions du Conseil Régional… pour on ne sait quel résultat sur la qualité de l’eau.

« La seule manière de lutter contre la pollution des algues vertes (responsables d’émanations de gaz toxiques voire mortels), c’est de remonter à la source. Il faut rompre radicalement avec la logique du marché capitaliste où les industries chimiques favorisant les intrants chimiques et les industries de transformation agro-alimentaires amènent les exploitants à s’inscrire obligatoirement dans une logique agricole productiviste. La rupture avec la logique capitaliste et l’agriculture productiviste devra aller de pair avec la remise en place d’une agriculture paysanne. »

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