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(16) Présidentielles 2017 : François Fillon et l’environnement
par Marc Laimé, 1er avril 2017

Le vainqueur surprise des primaires de la droite héritait, contraint et forcé, du programme environnemental que l’UDI avait habilement fait prospérer… sous l’ombrelle d’Alain Juppé. Du coup les rebondissements incessants de la campagne du candidat LR éclairent aussi en creux toutes les ambiguïtés de la droite républicaine et du centre vis-à-vis de l’environnement…

"Le fait de démontrer que ses propositions sont portées par toutes les organisations, la société civile, y compris les entreprises, va beaucoup aider" l’UDI à les faire progresser au sein du parti Les Républicains, affirmait ainsi le député UDI de la Meuse Bertrand Pancher, le 1er février 2017.

Ce jour était organisée la convention de l’UDI : "Présidentielle, quel programme de développement durable pour notre pays ?"

Plusieurs propositions étaient mises en avant, dont celle de financer les infrastructures via une obligation verte européenne, de préciser le dialogue environnemental, de relancer la redevance poids lourds ou encore de faire adopter "une grande loi sur les sols".

Bertrand Pancher, membre de l’équipe de campagne de François Fillon, affirmait aussi que le candidat LR à l’élection présidentielle "maintiendra" le principe de précaution.

"On voit qu’en matière environnementale, ce n’est pas la peine d’inventer l’eau bouillante, les solutions sont là", ajoutait-il.

"On avait besoin de montrer que l’UDI était dans le vrai, puisque tous les participants à la convention ont expliqué les solutions à mettre en œuvre", soulignait le député de la Meuse.

Durant la convention, Pascal Canfin, DG du WWF France, mettait en avant la nécessité de porter au niveau européen "un grand plan d’investissement via les obligations vertes" et de mettre en place au niveau national "un plan de financement" de la loi transition énergétique, actuellement absent.

Sandrine Bélier, directrice d’Humanité & Biodiversité, insistait sur la fiscalité environnementale et la suppression des subventions "néfastes" à la biodiversité, mais aussi sur l’autre "chantier prioritaire" que sont la démocratie et le dialogue environnemental. Il faudra selon elle "préciser les modalités de fonctionnement du CNTE, du CNPN, etc."

L’ancienne eurodéputée écologiste insistait également sur le besoin de décentralisation et sur la nécessité pour l’État "stratège" de s’assurer qu’en région sa "stratégie est réellement mise en œuvre", notamment grâce aux contrats de plan État-région. Elle évoquait la création d’une délégation interministérielle du patrimoine naturel, afin "d’intégrer" davantage la biodiversité à l’ensemble des politiques publiques, ou encore celle d’une délégation interministérielle à l’alimentation durable.

Représentant de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), Jean-Christophe Louvet estimait qu’il faudra "8 milliards d’euros d’investissements additionnels par an dans les infrastructures pour tourner les territoires vers l’avenir et réussir la transition énergétique".

Pour FNE, Michel Dubromel, vice-président, rappelait le souhait qu’une redevance poids lourd, dont le principe avait été acté lors du Grenelle, soit appliquée. Il appellait également à ce que l’on sorte de la "société du gaspillage et du toxique" et demandait à l’UDI d’appuyer "une grande loi sur les sols".

Morgane Créac’h, directrice du RAC France prônaît "une refonte totale du modèle énergétique, pour atteindre en 2050 100 % d’énergie renouvelable".

"Les propositions de l’UDI ont toujours été celles-là", affirmait Bertrand Pancher. "C’est le marqueur de notre contrat de gouvernance avec les Républicains : la stabilité budgétaire, la fiscalité environnementale, la responsabilisation des acteurs par la décentralisation, la gouvernance revisitée."

Chantal Jouanno, sénatrice UDI de Paris et vice-présidente de la région Île-de-France en charge de l’écologie, soulignait de son côté "deux sujets" :

• la remise à plat de la loi de finances pour la mettre en adéquation avec l’objectif de l’accord de Paris ;

• et la décentralisation. "Le passage à l’action n’aura lieu que sur le terrain, par la décentralisation. Pour cela, il faut donner les clés aux territoires, aux communes, aux régions et qu’une partie de la fiscalité soit pensée et appliquée localement et pas par Bercy qui a d’autres priorités que de développer l’écologie".

Bertrand Pancher citait également deux propositions portées par l’UDI pour la présidentielle :

• celle d’organiser "un Conseil européen informel dès que la nouvelle majorité arrivera au pouvoir, lors duquel la France demandera un plan de financement de toutes les infrastructures via une obligation verte européenne et la définition d’objectifs concernant le marché carbone EU ETS",

• et "la création d’une Agence européenne de l’environnement, qui soit le pendant de l’EPA (Agence de l’environnement américaine) et coordonne les actions des agences nationales".

"Ces sujets entreront dans le pacte de gouvernance de l’UDI avec François Fillon", assurait-il.

Affirmant que les travaux au sein de l’équipe de campagne "avancaient très bien", il précisait que "Des corrections" ont même été apportées au programme que défendait le candidat des Républicains durant la campagne de la primaire de la droite et du centre. Ainsi, assurait-il, "le principe de précaution sera maintenu". François Fillon souhaitait le transformer en un "principe de responsabilité.

Pour Bertrand Pancher, ce principe sera "inscrit dans un processus dynamique" mais ne sera pas remplacé. "Il y aura un bon programme environnemental", concluait-il assurant qu’il sera publié "dans les prochaines semaines".

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